Paul Éluard et le Surréalisme

Paul Éluard et le Surréalisme


Les animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux (1920)


ANIMAL RIT 


Le monde rit,
Le monde est heureux, content et joyeux
La bouche s’ouvre, ouvre ses ailes et retombe.
Les bouches jeunes retombent,
Les bouches vieilles retombent.

Un animal rit aussi,
Étendant la joie de ses contorsions.
Dans tous les endroits de la terre
Le poil remue, la laine danse
Et les oiseaux perdent leurs plumes.

Un animal rit aussi
Et saute loin de lui-même.
Le monde rit,
Un animal rit aussi,
Un animal s’enfuit.

Ce poème de Paul Éluard de 1920 fait partie du recueil de poèmes Les animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux. Il appartient au mouvement surréaliste. 

Il s'agit d'un poème court, composé de trois strophes de cinq vers. Ses vers sont libres, sans rimes, sauf dans les deux derniers vers de la première et de la deuxième strophe, où il y a un parallélisme. 


L'espace est inconnu. Cependant, le temps est présent, car les verbes sont conjugués à ce temps. Elle se compose d'un vocabulaire mélioratif qui crée une atmosphère joyeuse entre ses personnages: les animaux et les hommes. Le poète s'adresse au lecteur à la troisième personne. Il aborde des thèmes tels que le rire et la joie, qu'il utilise pour créer une harmonie entre la nature et l'homme. 

Le poème contient des figures de rhétorique telles que la personnification du monde, la bouche ou la laine. Il utilise également la bouche comme métaphore du rire. D'autre part, il y a une épanalepsie ou réitération du substantif heureux dans le deuxième vers. Et une hyperbole au troisième vers de la deuxième strophe (Dans tous les endroits de la terre).   


En conclusion, l'intention du poème est d'exprimer un sentiment de joie dans le monde. On pourrait en déduire, compte tenu de la date de publication du poème, qu'il y a une deuxième intention dans le poème : célébrer la fin d'une période de guerre et l'absence de bonheur.    



CHEVAL


Cheval seul, cheval perdu,
Malade de la pluie, vibrant d’insectes,
Cheval seul, vieux cheval.

Aux fêtes du galop,
Son élan serait vers la terre,
Il se tuerait.

Et, fidèle aux cailloux,
Cheval seul attend la nuit
Pour n’être pas obligé
De voir clair et de se sauver.

Ce poème de Paul Éluard de 1920 fait partie du recueil de poèmes Les animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux. Il appartient au mouvement surréaliste. Il s'agit d'un poème court, composé de trois strophes, les deux premières de trois vers et la troisième de quatre vers. Ces vers sont libres, sans rimes tout au long du poème.

L'espace est peu connu: Le cheval est à l'extérieur et attend la nuit. Le temps n'est pas le présent, car les verbes ne sont pas conjugués à ce temps. Il ressemble à une peinture, il n'y a pas la voix d'un spectateur ni la personnification de l'animal en scène. Le poème est composé d'un vocabulaire péjoratif:  il y a six adjectifs exprimant l'abandon, le passage du temps et la résignation; le seul adjectif positif est annulé par l'action du cheval. Le lecteur identifie dans cette description de l'animal un comportement humain au bord de l'effondrement. 

Le poème contient des figures rhétoriques telles que le parallélisme dans la première strophe entre les vers un et trois.

En conclusion, ce poème ressemble à un tableau, dans lequel on distingue un objet (le cheval) et ses actions (galoper témérairement vers la terre et attendre la nuit en refusant la lumière). L'intention du poème est d'amener le lecteur à compatir à l'état de décrépitude du cheval. Le contenu du poème peut provoquer une certaine angoisse chez le lecteur. 

POISSON



Les poissons, les nageurs, les bateaux

Transforment l’eau.

L’eau est douce et ne bouge

Que pour ce qui la touche.


Le poisson avance

Comme un doigt dans un gant,

Le nageur danse lentement

Et la voile respire.


Mais l’eau douce bouge

Pour ce qui la touche,

Pour le poisson, pour le nageur, pour le bateau

Qu’elle porte

Et qu’elle emporte.


Ce poème de Paul Éluard de 1920 fait partie du recueil de poèmes Les animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux. Il appartient au mouvement surréaliste. Il s'agit d'un poème court composé de trois strophes: deux de quatre vers et une de cinq. Les vers n'ont pas de mètre, mais ils présentent des rimes, surtout assonantes, dans tous les vers (sauf le vers 11), disposées en : AABB (suivi), - DD - (embrassées) et EE - GG.


L'espace est familier: l'environnement aquatique, peu profond et profond. Le temps est présent, car les verbes sont conjugués à ce temps. Le poème est composé d'un vocabulaire mélioratif. 


Le poème contient des figures de rhétorique telles que l'énumération au premier vers de la première strophe et au troisième vers de la dernière strophe. Il y a également une comparaison au deuxième vers de la deuxième strophe. De plus, il y a une personnification de la bougie au dernier vers de la deuxième strophe. Enfin, il y a un parallélisme entre les deux derniers vers du poème.


En conclusion, L'intention du poète est de refléter la façon dont les éléments aquatiques (poissons, nageurs et bateaux) transforment l'eau et lui donnent du mouvement.



CHAT


Pour ne poser qu’un doigt dessus
Le chat est bien trop grosse bête.
Sa queue rejoint sa tête,
Il tourne dans ce cercle
Et se répond à la caresse.

Mais, la nuit l’homme voit ses yeux
dont la pâleur est le seul don.
Ils sont trop gros pour qu’il les cache
Et trop lourds pour le vent perdu du rêve.

Quand le chat danse
C’est pour isoler sa prison
Et quand il pense
C’est jusqu’aux murs de ses yeux.

Ce poème de Paul Éluard de 1920 fait partie du recueil de poèmes Les animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux. Il appartient au mouvement surréaliste. Il s'agit d'un poème court, composé de trois strophes de cinq vers la première et de quatre vers les deux dernières. Ses vers sont libres, à l'exception des deuxième et troisième vers de la première strophe, ainsi que des premier et troisième vers de la dernière strophe, qui riment entre eux.  


L'espace est inconnu. Cependant, le temps est présent, car les verbes sont conjugués à ce temps. Il s'agit d'un vocabulaire péjoratif pour décrire le chat de manière grotesque avec des adjectifs tels que gros ou lourd. D'autre part, le poème contient des éléments mélioratifs pour évoquer la relation entre cet animal et l'homme. Certains de ces éléments sont les noms caresse et don


Le poème contient des figures de rhétorique telles que l'hyperbole dans des vers comme (Le chat est bien trop grosse bête) ou (Et trop lourd pour le vent perdu des rêves). La personnification est également utilisée dans des vers tels que (Quand le chat danse) et (Et quand il pense). Comme dernière figure, la métaphore est utilisée tout au long de la dernière strophe du poème pour comparer la maison dans laquelle vit le chat à une prison. 


En conclusion, l'intention du poème est de refléter la limitation de la liberté à laquelle sont soumis les animaux domestiques tels que le chat dans ce cas. 



MOUILLÉ 


La pierre rebondit sur l’eau,
La fumée n’y pénètre pas.
L’eau, telle une peau
Que nul ne peut blesser
Est caressée
Par l’homme et par le poisson.

Claquant comme corde d’arc,
Le poisson, quand l’homme l’attrape,
Meurt, ne pouvant avaler
Cette planète d’air et de lumière.

Et l’homme sombre au fond des eaux
Pour le poisson
Ou pour la solitude amère
De l’eau souple et toujours close.

Ce poème de Paul Éluard de 1920 fait partie du recueil de poèmes Les animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux. Il appartient au mouvement surréaliste. Il s'agit d'un poème court, composé de trois strophes, la première de six vers et les deux suivantes de quatre. Ses vers sont libres, à l'exception des premier et troisième vers de la première strophe, du quatrième vers de la première strophe et du troisième vers de la deuxième strophe, du dernier vers de la deuxième strophe et du troisième vers de la troisième strophe, parce qu'ils riment entre eux. 


L'espace est inconnu, mais l'action se déroule dans l'eau. Le temps est le présent car les verbes du poème sont conjugués à ce temps. Il est composé d'un vocabulaire péjoratif utilisant des adjectifs et des verbes tels que solitude amère et meurt qui font allusion à des choses négatives.


Le poème contient des figures de rhétorique telles que la personnification dans des vers tels que (L'eau, telle une peau), (Est caressée) et (De l'eau souple et toujours close). Il y a également une comparaison dans le vers (Claquant comme corde d'arc). 

En conclusion, l'intention du poème est de souligner l'influence de l'eau sur les êtres vivants, en donnant ou en prenant la vie.



Les nécessités de la vie et les conséquences des rêves (1921)


FÊTES


La valse est jolie,

Les grands élans du cœur le sont aussi,

Rues,

Une roue valsait éperdument.

Des roues, des robes, des chapeaux, des roses.

Arrosée,

La plante sera prête pour la fête à souhaiter.


Ce poème de Paul Éluard de 1921 fait partie du recueil de poèmes Les nécessités de la vie et les conséquences des rêves. Il appartient au mouvement surréaliste. Il s'agit d'un poème court, composé d'une seule strophe de sept vers. Ses vers sont libres, à l'exception du premier et du deuxième vers et du sixième et du septième vers, qui riment entre eux. 


Le poème se déroule dans un espace urbain. Le temps est le présent, car les verbes sont conjugués à ce temps. Le poème est composé d'un vocabulaire mélioratif qui se traduit par des adjectifs positifs tels que jolie


Le poème contient des figures de rhétorique telles que l'hyperbole Les grands élans du cœur le sont aussi. Il y a aussi une énumération Des roues, des robes, des chapeaux, des roses pour inclure tous les éléments possibles liés à la portée de la fête. La personnification de noms tels que roue et plante est utilisée. Enfin, le poète donne au substantif plante une double interprétation, qui peut se référer à la fois à l'élément de la nature et à la partie du corps humain. 


En conclusion, l'intention du poète, si l'on considère le contexte historique du poème, est de décrire l'atmosphère festive des rues françaises pendant les Années folles.



SÉDUIRE


L’adoration des regards

Séduit les yeux qui voient mal ce qu’ils voient,

Rougissante,

Les yeux auront du plaisir sur ses joues

Et qu’ils en prennent pour toujours.


Qui la voit vierge et la sait vierge,

Vierge en satin,

Connaît aussi, sous ses paupières couronnées,

La joie veilleuse.


Car la honte, toujours avoir honte,

Non,

Mais ouvrir une maison

Et montrer son bon visage,

Celui-là.


Ce poème de Paul Éluard de 1921 fait partie du recueil de poèmes Les nécessités de la vie et les conséquences des rêves. Il appartient au mouvement surréaliste. Il s'agit d'un poème moyen, composé de trois strophes, la première et la dernière de cinq vers, et la seconde de quatre vers. Ses vers sont libres. 


L'espacement du poème est inconnu. Le temps est le présent, car la plupart des verbes du poème sont conjugués à ce temps. Le poème est composé d'un vocabulaire mélioratif qui se manifeste par des noms tels que joie ou adoration et des verbes tels que rougissante ou auront du plaisir


Le poème contient des figures de rhétorique telles que la répétition de mots comme vierge et honte. Il contient également une antithèse dans le vers Séduit les yeux qui voient mal ce qu'ils voient. Enfin, il y a une personnification des yeux et des paupières


En conclusion, en tenant compte de l'idée platonicienne de tomber amoureux, l'intention du poète est de décrire le processus de séduction par le regard, qui agit comme une porte vers l'intérieur de l'autre. 



COURIR

Cette bouche dure, sans larmes,
Choisit les femmes
Et les yeux de couleur
Apprécient
Toujours un peu plus de chair.

Choisir ou tourner la tête.

Ce sourire de tête
Ajoute la chair à la chair
La bonne chair à la meilleure.

Apprécier, pour l’orgueil de choisir.

Et besogne toute faite :
Réussir.


Ce poème de Paul Éluard de 1921 fait partie du recueil de poèmes Les nécessités de la vie et les conséquences des rêves. Il appartient au mouvement surréaliste. Il s'agit d'un poème moyen, composé de trois strophes, la première de cinq vers, la deuxième de quatre vers et la troisième de trois vers. ​​Ses vers sont libres. 

L'espace du poème est inconnu. Le temps est le présent, car les verbes du poème sont conjugués à ce temps.  Le poème est composé d'un vocabulaire mélioratif qui peut être apprécié à travers des verbes tels que apprécient ou réussir. Des adjectifs tels que bonne et des noms tels que meilleure.   


Le poème contient des figures de rhétorique telles que l'anaphore ou la répétition du verbe choisir, la personnification de la bouche tout au long du poème et la périphrase dans le vers La bonne chair à la meilleure


En conclusion, l'intention du poète est de proposer une réflexion sur l'expérience humaine du choix, de l'appréciation et de l'action, tant dans le domaine des relations personnelles que dans celui de la perception esthétique.



AIR NOIR


La ville cousue de fil blanc,

Les toits portants cheminées,

Le ciel parallèle aux rues,

Les rues,

La fumée sur les trottoirs,

TROUVAILLE.


Des pas les uns vers les autres,

Le soleil ou la lumière,

Souvenirs de ville,

L’HEURE À L’HEURE,


Du matin, de midi au soir,

Façades et boutiques,

Des lumières pliées dans des vitres,

VEILLER.


Ailleurs,

La nuit enfermée dans la nuit,

Les chiens aboyant à la nuit des chats,

LA FATIGUE.


Ce poème de Paul Éluard de 1921 fait partie du recueil de poèmes Les nécessités de la vie et les conséquences des rêves. Il appartient au mouvement surréaliste. Il s'agit d'un poème de longueur moyenne, composé de quatre strophes, la première de six vers et les autres de quatre. Ses vers sont libres, à l'exception du premier vers de la deuxième strophe et du troisième vers de la troisième strophe, qui riment l'un avec l'autre.

Le poème se déroule dans un espace urbain que nous reconnaissons grâce aux descriptions et se déroule dans un temps présent, pendant la nuit. Il est composé d'un vocabulaire mélioratif pour décrire la nuit dans la ville principale du poème et d'un vocabulaire péjoratif dans la dernière strophe pour décrire d'autres villes dans la nuit.


Le poème contient des figures de rhétorique telles que l'allitération dans les premiers mots de la première strophe (La, Les, Le, Les, La), la répétition de certains mots est également utilisée au long du poème (Aux rues, les rues) (La nuit enfermée dans la nuit), dans le vers La ville cousue de fil blanc, le fil blanc est une métaphore des lumières qui recouvrent la ville dans la nuit, enfin, les adjectifs relatifs à la clarté sont dotés de la symbolique du positif, mais la nuit efermée sur elle-même, sans la clarté, est utilisée comme symbole du côté négatif de la nuit.


En conclusion, l'intention du poème est peut-être de décrire positivement l'atmosphère de la nuit pendant les Années Folles en France et de voir le contraste avec la nuit solitaire dans d'autres pays. 








 


Comentarios

Entradas populares de este blog

Les femmes dans l'œuvre de Dalí

Les collages de Max Ernst

MODE, ART ET FEMME DANS LES ANNÉES FOLLES